Inside La Place – Cuvée 1762

Ludovic David

Directeur Général

En poste depuis 2009

Rencontré par Gerda au Château

Château Marquis de Terme 

4ième Grand Cru Classé en 1855

Margaux


 

Gerda : Parlez-nous de vous…

Ludovic DAVID Je suis un ingénieur agronome et œnologue, d’une famille normande de Cherbourg et j’ai vécu de mes 6 à 15 ans à Madagascar. Par adoption, je suis à la fois Toulousain, j’y ai fait mes études et Bordelais, par ma vie professionnelle. Pendant ma formation, j’ai suivi deux spécialisations : le lait et le vin, et j’ai choisi la filière du vin.

Le vin est un univers très riche avec une double dimension culturelle et historique, en étant aussi intimement lié à la géographie. La France, dans ce domaine, occupe une place à part et je suis convaincu que cela va perdurer malgré les vins du nouveau monde qui apporte de la diversité. J’ai commencé ma carrière à Pomerol, puis en 2009, j’ai rejoins le Château Marquis de Terme en tant que directeur général et directeur technique.

Gerda : Quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confrontés personnellement, dans la pratique de votre métier ?

Ludovic DAVID : Tous les ans, il faut s’adapter à la nature et se remettre en cause. Dans notre métier, il n’y a rien de systématique, aucune certitude. Chaque année, les mêmes questions reviennent, mais les solutions sont différentes car les paramètres fluctuent : une nouvelle page s’écrit à chaque millésime. Malgré l’expérience, j’ai toujours les mêmes doutes. Cela nous maintient en forme. Mon métier est fascinant !


La marque Marquis de Terme aujourd’hui et demain

 

Gerda : Quel(s) positionnement(s) souhaitez-vous pour votre/vos marque(s) ?

Ludovic DAVID C’est une bonne question pour Myriam (Myriam Ruer, responsable commerciale) qui nous a rejoints en 2020.

Mon engagement personnel est total dans le développement de la propriété. Ma priorité est de positionner le Château à la place qu’il mérite par rapport à son terroir, à son histoire et à son niveau de la qualité !

Myriam Ruer : Nous voulons que Château Marquis de Terme soit visualisé dans son vrai environnement à la fois historique et géographique avec son terroir. Notre propriété est un joyau et doit être reconnue comme une référence de l’appellation Margaux, de Bordeaux et de la France en général. Cette belle endormie est aujourd’hui réveillée, mais nous devons encore aller plus loin et faire rayonner à travers le monde Marquis de Terme. La cuvée 1762 a été créée pour rappeler que notre savoir-faire est ancien et que les qualités exceptionnelles de ce terroir ont été mises en exergue il y a des millénaires. Cette cuvée n’est pas un second vin, mais un vin qui représente notre terroir avec plus d’accessibilité et plus de personnalité. Quant à Château Marquis de Terme, il restera un vin singulier.

: En quoi vos vins se distinguent, et sont uniques ?

Ludovic David C’est la singularité de son terroir et de son histoire ancienne. Marquis de Terme a traversé les siècles, du vin y est produit depuis le 17ème siècle, les savoir-faire sont ancestraux. C’est à partir de 1762 que le vin a porté le nom de Marquis de Terme.

Marquis de Terme, c’est l’équilibre entre le fruit et la puissance, avec des tannins soyeux et une longueur en bouche, avec une perception de cette sensation en bouche qui donne du plaisir, qui n’en finit pas de raconter une histoire. Chaque année, je cherche des méthodes pour obtenir une structure fruitée et de la rondeur des tannins en cherchant encore plus de soyeux et de sensualité.

Laquelle de vos réalisations récentes aimeriez-vous faire partager à la clientèle ?

LD L’ouverture de la propriété à tout le monde et à l’international. Nous avons rénové, aménagé et aujourd’hui Marquis de Terme est plus que jamais, tourné vers les autres. Nous avons ouvert nos portes pour l’accueil des professionnels, pour le tourisme, je ne dis pas œnotourisme, car le tourisme a une dimension plus large. Le restaurant, en partenariat avec Grégory Coutanceau, chef reconnu de La Rochelle, est sur deux étages et est à la fois ouvert sur les vignes et sur la cuisine pour observer leur savoir-faire. Un salon privatif de 10 couverts au cœur d’un espace intimiste est aussi disponible. Nous pouvons aussi recevoir des séminaires d’entreprises dans une belle demeure bourgeoise jouxtant la propriété. Le vin, la gastronomie et l’hospitalité, nous proposons un concentré d’art de vivre à la Française.

Il faut venir pour découvrir le Médoc, notre appellation et Château Marquis de Terme. Beaucoup de gens ne le savent pas, mais le Médoc est une réserve naturel et protégé.

: Sur quels projets futurs travaillez-vous en ce moment ?

LD Au niveau technique, je suis continuellement à la recherche de l’équilibre et de la précision. Depuis le millésime 2014, nous utilisions les cuves « Perle de Quintessence ». Cette année, nous en avons commandé 40. Je les adore, car elles donnent une extraction douce du fruit avec une belle tension. Quant à notre Petit Verdot qui représente aujourd’hui entre 5 à 6 % de notre assemblage, il est vinifié dans de petites cuves en inox de 70 hectolitres. Cela donne de très beaux résultats avec des tannins plus fondus. 

Au niveau marketing, nous avons aussi plein de projets. Toutes nos étiquettes ont été retravaillées. C’est un long processus et une vraie révolution. D’autre part, notre nouvelle approche du vin conduit à repositionner la marque par un marketing adapté, notre beau terroir le permet ! Les moyens techniques et humains que nous déployons sont là pour accompagner l’expression de nos vignes, il est capital de créer un lien fort entre le terroir, la production, la communication et le commercial.

: Où en est(sont) votre(s) propriété(s) en matière de « transition écologique » ?

LD : Nous sommes inscrits dans un processus de développement durable, c’est fondamental ! Il est important de respecter notre outil de production : nos vignes et nos vins. Dans l’appellation Margaux, nous avons fait beaucoup d’études sur la faune et la flore et nous sommes inscrits dans la Réserve Naturelle de Médoc. Depuis 4 à 5 ans, des corridors écologiques ont été mis en place au milieu des vignes afin de préserver et de favoriser notre biodiversité. Nous devons faire des choix plus responsables et dans la durabilité, nos sols doivent être respectés !

 


Le commerce

 

Gerd: Quelles sont vos priorités en termes de développement commercial ? 

Myriam Ruer Cette année, pour la première fois, nous avons demandé à nos partenaires négociants leur distribution précise de nos vins. Le résultat montre que Marquis de Terme a une forte distribution en France. Nous voulons la maintenir et augmenter la capillarité en allant plus vers la restauration et les sommeliers. Marquis de Terme est apprécié en Europe et il y a de belles ouvertures en Allemagne et en Suisse. Nous devons davantage travailler l’Angleterre, car les Anglais sont des grands prescripteurs de nos vins en général. Je reviens d’un voyage d’affaires de 2 semaines aux Etats-Unis. J’ai fait 30 nouveaux points de vente chez des cavistes et des restaurateurs. C’est un succès qui peut s’expliquer d’une part par notre prix attractif pour un grand cru classé de ce niveau et d’autre part par le fait que Marquis de Terme soit en phase avec leur goût. Le vin est d’un excellent rapport qualité/prix. Nous allons travailler pour bien pénétrer ce marché. L’Asie est plus difficile pour nous. Nous ne pouvons pas y aller. La Chine est un marché complexe dans lequel il y a beaucoup de changements dans la distribution. Nous faisons confiance à nos négociants partenaires comme Roland Coiffe & Associés !

Le Japon est un marché historique à maintenir et à développer. Nous devons construire la Corée et l’Asie du Sud-Est et ne pas chercher uniquement l’opportunité. Nous sommes très peu présents en Amérique Latine.

G : Quels supports d’aide à la vente sont à disposition des distributeurs pour promouvoir vos vins ? 

Myriam Ruer : Site internet, réseaux sociaux, fiches techniques et la création de mon poste comme responsable commerciale : j’interviens notamment pour soutenir la place de Bordeaux dans la promotion de nos vins. Aussi, une carte détaillée du vignoble a été réalisée. Et bien sûr, notre magnifique propriété, qui est ouverte à tous et qui permet de comprendre et de « croquer » Marquis de Terme, après cette visite, l’envie d’en déguster chez soi est assuré !

: A quels millésimes le marché devrait s’intéresser ? et pourquoi ?

Ludovic David : Je ne vais pas vous surprendre en citant Marquis de Terme 2017. Nous sommes vraiment passés à côté de sa qualité. En redégustant, tout le monde dit qu’il est superbe ! Il est équilibré et fruité. Il faut le mettre davantage en avant.

G : Prévoyez-vous des sorties commerciales ou mises en marché dans un futur proche ?

LD : Au mois d’avril, nous avons mis sur le marché le premier millésime 2018 de notre Cuvée 1762. La production est de 45 000 bouteilles. Cette cuvée est un hommage à la propriété, 1762 est la date de début de l’histoire du Château Marquis de Terme, lorsque Mademoiselle Ledoulx d’Emplet apporte en dot le domaine à François de Peguilhan, le Marquis de Terme. La propriété qui appartient depuis 1935 à la famille Sénéclauze, est riche d’une histoire longue de 260 ans. La Cuvée 1762 est l’expression de cette intemporalité, elle est pensée pour être la représentation de la personnalité et de la typicité de notre terroir.

Site Internet et Instagram


La bouteille de cœur de Ludovic David

 

Gerd: Si vous aviez une seule bouteille de cœur ? 

Ludovic David : Marquis de Terme 2009 qui est mon premier millésime. Il est solaire, très mûr, riche, mais un petit peu moins précis avec des tannins un peu serrés : quelques erreurs de débutant… Mais ces petites imperfections de débutant m’émeuvent toujours et sont corrigées par la qualité exceptionnelle du millésime. J’ai une grande tendresse pour ce millésime.

 

Gerda BEZIADE a une incroyable passion pour le vin, et possède une parfaite connaissance de Bordeaux acquise au sein de prestigieux négoces depuis 25 ans. Gerda rejoint Roland Coiffe & Associés afin de vous apporter avec « Inside La PLACE » davantage d’informations sur les propriétés que nous commercialisons.